Un blog de plus... pourquoi faire? Participer au débat citoyen, bien sûr, mais associé aux thèmes des domaines de la prévention des risques, de l'Ecologie , de l'aménagement et du développement durables: un portail de discussions et de réflexions sur tous les types de risques et la façon de les gérer.
5 Janvier 2008
Il est facile de sensibiliser
et de faire agir le citoyen pour "sauver la planète" quand son "porte monnaie" et ses idées "socio-écolo" vont dans le même sens ? ...
Economie, Ecologie et social même combat !
Prenons quelques exemples:
En matière d'économie d'énergie et d'économie d'eau il va de soi que le porte monnaie et les idées sont sur la même longueur d'onde: dépenser moins d'eau grâce à des petites astuces techniques ou
des petits comportements à modifier dans les familles devrait aller de soi - ex. fermer le robinet d'eau muni d'un limiteur de débit ou de pression lorsqu'on se lave les dents et dépenser moins
d'électricité en baissant d'un degré le thermostat de notre chauffage en hiver, en adaptant des ampoules à basse consommation (qui sont plus coûteuses à l'achat mais qui sont financièrement
rentabilisées assez vite) ne devrait pas non plus poser trop de problème... Acheter des appareils électroménagers qui dépensent peu d'eau et d'énergie certes plus chers mais que l'on acceptera de
se payer pour sauver la planète nous permettront de surcroit de gagner à terme quelques sous. Faire des économies grâce à la chasse au gaspi à toujours bien marché et les français ont depuis les années 1970 toujours été de
bons éco-citoyens.
L'énergie sous ses formes classiques dites "non renouvelables" sera de plus en plus chère: contribuer à l'économiser et inciter au changement de comportement constitue autant de gestes
intéressants pour la planète et l’économie. Mettre en place des panneaux solaire pour chauffer son eau permet de faire des économies notables sur la consommation d'électricité et met en place de
nouveaux marchés, de nouveaux emplois et une nouvelle économie de croissance "écologique".
Quant le bâtiment va tout va ! C'est dans le domaine de l'habitat (neuf et ancien) que les efforts en vue de mettre en place une nouvelle économie "verte" pour la construction est la plus
évidente. La Haute Qualité Environnementale est à la mode pour la construction de logements neufs (y compris collectifs) et l'ancien doit faire l'objet de mesures d'incitation afin de diminuer
les pertes énergétiques qui faisaient l'objet il y a une vingtaine d'années d'une publicité célébre ou l'on voyait des billets de banque qui s'échappaient des toits!
La construction HQE (bioclimatique, passive ou à énergie positive ) est encore un peu plus chère que la construction classique mais dans quelques années les professionnels se seront mis au niveau
et les effets d'échelle auront vite fait de mettre l'habitat écologique au même niveau économique que le classique.
Il en est de même pour le tri et la récupération des déchets (familiaux ou industriels) qui en étant valorisés ou réutilisés ou recyclés deviennent des marchandises/matières premières avec leur
intérêts économiques, sociaux et écologiques. Même si le meilleur déchet est celui
que l'on ne produit pas... tous les systèmes de transformation de la matière produisent ce que nous nommons des déchets et tout déchet produit doit trouver sa filière de valorisation
économique qui le transforme en matière première d'un nouveau genre.
Pour ce qui concerne les moyens de transports (des écocitoyens et de leurs marchandises), l’abandon de la fameuse "bagnole" et du "transport routier sur longue distance par camion"...
, leur succès et leur acceptabilité risque d'être plus nuancé car même si le nombre de grammes de CO2 rejeté au kilomètre va
devenir un argument économique et écologique de vente des véhicules, le prix de l’essence ou du fioul - le baril de
pétrole qui est à prés de100 dollars !- continuera globalement d’augmenter… les voitures "hybrides" ou autres véhicules à l’électricité "nucléaire" ou à l’énergie "dérivée de la biomasse", le
co-voiturage,... le transport en commun… le ferroutage... vont dans les années à venir susciter plus de résistances que d’enthousiasme économique, social et sociétal… de plus les voitures et les
camions et certains transports en commun ne rejettent pas que du CO2 et l'énergie nucléaire (dont l'uranium est la "matière" première elle aussi limitée) reste contesté par une partie de la
population française et européenne... ! Néanmoins ces nouveaux comportements liés à une nouvelle éthique sociale et économique favoriseront le commerce "bio" de proximité et le commerce
équitable.
Le succès de ces mesures simples, amplifiées par des incitations fortes proposées en matière d'écologie et de développement durable peuvent, à coup sûr, aider à relever le défit énergétique et
climatique... tout citoyen va facilement se changer en un éco-citoyen et toute entreprise humaine en entreprise éco-citoyenne.
Est-ce que cela sera suffisant pour réduire, de façon significative, dans le cadre d'une nouvelle croissance, l'utilisation de ces formes d'énergie et des
matières premières ?
... non si celles ci ne sont pas au moins "remplacées" par d'autres formes d'énergie "plus renouvelables"... et si nos moyens de production y compris industriels et agricoles ne sont pas plus
propres et sobres en énergie et en matières premières inévitablement issues de la nature.
Par contre Il est des cas ou les trois pôles économique, social et écologique ont (et auront ) de grosses difficultés à s'entendre. C'est pratiquement le cas de tous les domaines de l'Ecologie
appliquée trop souvent "saucissonés" en quatre thèmes - Pollution des écosystèmes/Consommation et Santé/préservation des aspects de la Biodiversité et Gestion des risques naturels et
technologiques-. Ces domaines sont naturellement, écologiquement intégrés et agir sur l'un sans les autres n'a pas grand intérêt, ni grande pertinence.
Dans ces domaines d'étude en particulier ceux des effets anthropiques chroniques provoqués par les flux de matières liquides, solides et gazeuses sur les écosystèmes, les arguments économiques
sociaux et écologiques sont souvent antagonistes et il est très difficile d'équilibrer son action à partir des trois pôles du développement durable... Le porte monnaie, la préservation des
emplois et les idées écologiques ne tirent pas le raisonnement dans le même sens. Le citoyen, quant à lui, favorise pour prendre sa décision souvent l'aspect financier au détriment des deux
autres en particulier lorsque son pouvoir d'achat est faible ou son statut social précaire. L’entreprise humaine est alors contrainte par des réglements sociaux et écologiques qui norment son
fonctionnement pour le bien commun de la société qui la régule. Dans ces domaines là les efforts à fournir seront d'un autre niveau de contrainte... y sommes-nous préparés?
Enfin... nous n'avons même pas parlé des "sujets qui fâchent": le nucléaire et les OGM... dans ces derniers cas l'éco-citoyenneté passe pour certains (avec J. Bové), actuellement en
grêve de la faim, par la désobéissance civile ! ... une
part non négligable de la population n'est même pas d'accord sur l'objectif de croissance durable puisque les Verts défendent la décroissance sélective et équitable.
Quelques séquences INA
Louis de Funés un précurseur de l'éco-citoyenneté (1971).
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I04204271
Chasse au gaspi à travers les âges... le pétrole (et autres documents audio-visuels historiques !).
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CAF94058516
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CAB7801900101
portaildurisque /Michel Lesbats